Vivre le dating sans attente

Vivre le dating sans attente

Depuis plusieurs années maintenant, je suis en couple par intermittence. C’est-à-dire que je me rapproche davantage du profil de la fille “célibataire” que de la fille “en couple”. Je suis d’ailleurs perçue par mes amis comme celle à qui il faut présenter quelqu’un. Toujours est-il que ce statut qu’on m’attribue fait de moi quelqu’un d’attentif aux personnes en quête de rencontre. Pourquoi ? Parce qu’on est dans le même bateau. Par ailleurs, j’ai remarqué quelque chose qui me semble assez intéressant. Dans mon entourage, les célibataires à la recherche d’une rencontre sérieuse se divisent en deux cas de figures très distincts : les désabusés et les je-m’en-foutistes. Et si nous faisions se rencontrer la désabusée et la je-men-foutiste du date ?

La désabusée du date

A chaque fois que je parle avec mon amie, appelons la Clara, cette amie qui enchaine les dates sur les applications de rencontre, j’ai envie de me défenestrer. Les hommes qu’elle me dépeint sont tous plus catastrophiques les uns que les autres. S’entremêlent des détails toujours sordides, des détails qui forment alors une généralité, sûrement par lassitude, faisant de TOUS les hommes du monde UN seul bloc médiocre. Elle parvient même parfois, si l’humeur du jour est fragile, à aspirer l'espoir que j’ai de rencontrer un jour l’amour de ma vie. Clara fait partie des désabusés. Si nous devions définir ensemble le désabusé, ils se définirait comme ceci : quelqu’un qui a tellement d’attente, qu’il ne vit pas l’instant présent mais scrute, observe, provoque presque la faille, souvent pour se donner raison. Chaque dating devient un évènement non vécu, mais anticipé de façon anxiogène. Le désabusé n'entame alors jamais véritablement de relation puisqu’il est entré dans un processus de négativité qu’il peine à quitter. C’est le serpent qui se mord la queue. Il reçoit ce qu’il vibre. Ce qui lui manque peut-être : la légèreté. Mais comment retrouver cette douceur de l’esprit quand on a été biberonné à Disney et multiplié les expériences décevantes ?

La je-m'en-foutiste du date

A chaque fois que je parle avec mon ami Sophia, appelons-là comme ça, cette autre amie qui enchaine les dates, j’ai envie qu’elle m’en raconte davantage. Les hommes qu’elle me dépeint ont toujours une spécificité, un charme, un je ne sais quoi qui les rend intéressants. Aucun récit ne se ressemble. Sophia n’a aucune attente. Elle date au moins 6 fois par semaine et je pèse mes mots, parfois autour d’un café très tôt le matin avant d’aller au travail, parfois au goûter, parfois autour d’un verre le soir. Elle jouit pleinement du concept de dating qui s’offre à elle “sur un plateau d’argent” comme elle dit. Evidemment, elle espère secrètement rencontrer un jour cette personne qui la fera tomber amoureuse, mais sans placer cette espérance tout en haut de ses motivations. Non, ce qui l’excite, elle, c’est d’aller vers l’inconnu et Alea jacta est. Je l’ai rarement entendue me dire “j’ai la flemme d’aller à ce date-là”. C’est impressionnant de légèreté. C’est impressionnant tout court. Depuis que je la connais, par ses multiples rencontres, je l’ai tant vu évoluer. C’est comme si elle détenait les clés de quelque chose qui ne saurait tarder à arriver.

Et alors ?

Ces deux récits n’ont pas pour vocation d’affirmer que Sophia a raison quand Clara aurait tort mais pour confronter deux réalités dans la sphère du dating. Toutefois, je crois qu’il serait intéressant, un jour, de présenter la désabusée à la je-men-foutiste. Nous sommes si jeunes pour être désabusés, tellement privilégiés pour laisser ce désespoir nous engloutir.

Puissiez-vous garder votre âme d'enfant pour aller vers l’inconnu.

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