Les histoires d’amour qui commencent mal

Les histoires d’amour qui commencent mal

Un jour, j’ai écrit « le début d’une histoire d’amour, c’est beau. Si ça ne l’est pas, pars. » C’était il y a 6 ans. Or, je tiens ici, non pas à contredire mon propos, mais à le nuancer. Pour commencer, il est évident que je m’adressais à moi. Pour me donner du courage, d’abord et pour encourager celles qui peinaient à le faire, ensuite. Dans cette histoire bancale pour laquelle je nourrissais une forme d’obsession malsaine, j’étais éprise d’un homme qui me soufflait sans cesse le chaud et le froid. J’ai donc, par amour propre, singé l’indifférence auprès de cet homme et pris la fuite pour me sauver de la démence qui me pendait au nez. Souvent, il m’arrive de me demander à quoi aurait ressemblé la suite, si j’avais décidé de rester ? Mon intuition était-elle déjà bonne et ai-je bien fait de m’écouter ?

Une histoire que j’adore raconter est celle de ma tante. Ma tante a rencontré Max en stage à l’âge de 20 ans. Elle en tombe follement amoureuse. Le premier coup de foudre de sa vie. Rapidement, leur relation démarre mais de façon cachée. Il a 5 ans de plus qu’elle, elle est stagiaire, il est employé. Chaque soirée ressemble à un roman d’amour : les mains qui tremblent, les corps qui s’emmêlent parfaitement, les nuits longues de discussions. Elle se dit que l’aube est faite pour les amants. Un jour, sans prévenir, il ne donne plus de nouvelle et la zone grise dans laquelle se trouve leur relation ne pousse pas ma tante à trop insister. Elle accepte le chagrin d’amour, sans explication. Elle n’a rien inventé et pour cela, elle ne lui en veut pas. Elle se dit qu’il reviendra. Quelques semaines plus tard, elle croise cet homme qui l’a laissé sans nouvelles aux bras d’une autre, le ventre rond. Elle comprend alors qu’il vivait une autre histoire d’amour en même temps que la leur et qu’à l’évidence, Max aura bientôt de cette femme un enfant. Les années passent, ma tante rencontre quelqu’un et à son tour, elle aussi a un enfant. Max refait surface de temps en temps. Au téléphone, au hasard d’une rue ou d’une soirée. Elle en est toujours troublée mais sa vie actuelle ne possède aucune fenêtre pour le laisser y entrer. Elle n’est pas malheureuse, mais elle n’est pas non plus heureuse. Et si être désormais maman la comble de joie, son mari n’a rien de l’idéal amoureux. Plus le temps passe, plus il se rapproche d’une espèce de salaud banal et sans âme. Cette lente descente aux enfers est rythmée par les appels téléphoniques de Max, qui n’a jamais vraiment disparu du paysage et qui semble même ne pas avoir envie de disparaître du paysage. Elle décide de le revoir, parfois tôt le matin ou tard le soir. Elle se surprend à penser que ses sentiments pour lui sont restés intacts : comme au premier jour, les mains tremblent, le cœur bat. Elle entreprend les démarches du divorce et continue de voir secrètement Max. Un an plus tard, elle parvient à se défaire définitivement de son ex. Aujourd’hui, ma tante et Max sont ensemble depuis 11 ans, ils sont mariés et ont un petit garçon de 3 ans.

Si j’ai décidé ici de raconter cette histoire, c’est parce qu’elle raconte surtout une histoire d’intuition, celle de ma tante. Et bien que certaines histoires d’amour qui commencent mal ne méritent pas notre énergie ni notre temps, d’autres participent à l’écriture du récit de notre vie.

Puissiez-vous toujours écouter cette petite voix, celle qui dessine la bonne voie.

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