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Je l’aime ou j’ai peur du célibat ?

Je fais malheureusement partie de celles et ceux qui ont passé des années à confondre amour et peur du célibat.

J’ai tellement été “Nous” que j’ai oublié “Je”.

Longtemps, le terme “Seule” m'est apparu comme un gros mot. “Seule” signifiait incomplète, imparfaite. Qui pouvais-je bien être si personne n’était là pour me le dire ? Est-ce que j’existe vraiment si personne n’en est témoin ? Comme une représentation de théâtre : Je danse quand il est là. J’attends en coulisse quand il s’en va.

Le regard de l’autre m’animait. Sans son reflet, je n’avais plus aucun miroir. Incapable de me voir, j’étais ce qu’il pensait que j’étais. J’étais ce qu’il voulait que je sois.

Non parce qu’il me le demandait. Seulement par peur qu’il ne veuille plus de moi si je m’autorisais à l’être.

À l’époque, je croyais sincèrement que c’était ça, l’amour.

Il fallait que la vie s’en mêle et me donne une bonne leçon. (Merci). La vie, donc, me met face à ma plus grande peur un beau matin d’été : le célibat. BIM. Rupture sans préavis. Aucun recours. Personne ne m’attend autour. Je vais être face à moi-même. Devoir me regarder. Me définir. M’apprendre. Choisir.

Seule. Effroyablement. Seule.

Mon premier réflexe consiste à dégainer mon portable pour vite, vite, vite rencontrer quelqu’un. Il me faut une approbation. Tout sauf moi sans l’autre. Manquerait plus que j’ai à faire face à mes propres démons.

Je réfléchis un instant. Et si… Et si je me forçais à faire le point ? Seule ? Qui suis-je quand personne ne me dit qui être ?

Les premiers temps sont étranges et désagréables. Je ne suis pas habituée. Je n’ai personne à qui demander. Personne pour me donner un avis. Un horaire. Un “bonne nuit”. Personne et…

De plus en plus de temps se dégage. J’en passais, des heures, à jouer le rôle qu’on m’attribuait.

Je me recentre sur mon travail, j’y place toute mon énergie. Je vois beaucoup plus mes amis. Découvre Paris, de nouvelles passions et surtout, Moi. Égoïstement moi.

Et moi, je n’aime pas me lever trop tard. D’ailleurs, je détestais devoir ne faire aucun bruit pour ne pas te réveiller passé midi. J’adore porter du rouge à lèvre vif. Quoi que tu en penses ! Ton bar préféré est éclaté, comme cet artiste que tu écoutais à fond toute la journée. J’aimais juste - pour que tu m’aimes.

J'établis une liste de ce que je voudrais faire et me rends compte qu’elle est plus simple à réaliser sans personne pour me stopper. Je peux partir en week-end. Découvrir ce musée. Voir cette pièce. Aller à ce concert. J’ai envie de peindre jusqu’à 2 heures du matin en écoutant Vivaldi et regarder Titanic tous les soirs si ça me chante. Et ça me chante !

J’avance à mon rythme. Je me respecte. Ne me dispute pas. J’organise mes journées selon ma motivation propre. Je vois qui je veux, quand je veux, où je veux. Sans jalousie. Sans avoir peur de ce que tu vas dire ou penser. Sans horaires à respecter. Sans texto à envoyer. Sans reproche.

À l’époque, je croyais sincèrement que c’était ça, l’amour.

Lentement mais sûrement, je commence à me demander pourquoi j’ai attendu aussi longtemps un autre pour me freiner ? “Non, c’est une mauvaise idée”. “Non, tu ne peux pas”. “Non, ne pense pas ça.

À l’époque, je croyais sincèrement que c’était ça, l’amour.

Qu’en était-il de l’amour propre ?

Après quelques mois, mon ex réapparaît. La vie me met à l’essai. Le baccalauréat de la peur du célibat : Et je dis non. Je sors avec mention.

Non. Parce que je ne suis pas comédienne. J’en ai marre de jouer un rôle. Non. Parce que je sais où je vais et que tu n’as pas la même destination. Non. Parce que je ne serai jamais celle que tu veux que je sois. Non. Parce que tu n’es pas celui que je veux auprès de moi.

Non, parce que je n’ai pas peur d’être seule. J’ai peur d’être mal accompagnée.

Le jour où quelqu’un entrera dans ma vie, je sais aujourd’hui que je pourrais l’aimer sainement. Je pourrais être moi parce que c’est mon plus joli rôle. Et s’il part, j’aurais mal. Mais pas peur. Parce que je n’ai pas besoin de quelqu’un pour définir ma propre valeur. Je suis complète même sans moitié.

Alors, nous pourrons évoluer. Je chérirai le “Tu”. Me réjouirai du “Nous”. N’oublierai plus jamais le “Je”.

Pendant trop longtemps, j’ai confondu amour et peur d’être seule. Ce que je pensais être sentiment n'était que vertige. Ce que je croyais être émotion n’était que dépendance affective.

La vie m’a offert un drôle de cadeau, une leçon : Seule ne signifie pas se perdre. Seule signifie se trouver.

Par @lalanguependue

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